L’Union européenne peut-elle fermer ses frontières aux touristes russes ?

Le 8 septembre, 2026 dans la catégorie: Actualité, L'europe dans le monde, Union Européenne 

union européenneLa question des visas accordés aux ressortissants russes revient au centre du débat européen. Cette fois, elle est relancée par une affaire de sécurité survenue en Allemagne. Début août, un drone équipé d’un dispositif explosif a été retrouvé près des avions ukrainiens stationnés à l’aéroport de Leipzig. L’engin n’a pas explosé, mais l’enquête a rapidement pris une dimension internationale.

Deux suspects liés de près à la Russie

Berlin attribue désormais cette opération à Moscou. Deux suspects ayant des liens avec la Russie ont été identifiés. L’un possède un passeport letton. Le second, quant à lui, a la nationalité biélorusse et russe. Celui-ci serait arrivé dans l’espace Schengen avec un visa touristique délivré par l’Italie. Rome examine les circonstances de cette délivrance.

Faut-il encore permettre aux touristes russes de circuler dans l’Union européenne ?

Plus de 600 000 visas délivrés en 2025

Plusieurs États réclamaient déjà un durcissement avant l’incident de Leipzig. La Suède, la Finlande, le Danemark ou encore les pays baltes figurent parmi les partisans d’une politique plus restrictive. Pour Stockholm, maintenir les séjours touristiques et les voyages de loisirs paraît difficilement compatible avec la poursuite de la guerre en Ukraine. Plusieurs pays du nord et de l’est de l’Europe ont ainsi demandé à la Commission européenne de revoir les règles. Les volumes concernés restent importants. Plus de 620 000 visas auraient été accordés à des ressortissants russes en 2025, dont environ 477 000 pour des motifs touristiques. La France, l’Italie et l’Espagne concentrent une grande partie des autorisations délivrées.

Les Européens restent divisés

Deux visions s’opposent. Les États les plus favorables aux restrictions considèrent les visas comme une question de sécurité. Ils souhaitent notamment limiter l’entrée d’anciens militaires russes susceptibles d’avoir participé au conflit ukrainien.

D’autres gouvernements se montrent plus prudents. Une interdiction générale toucherait également des Russes opposés au Kremlin ou sans aucun lien avec la guerre. Paris, Rome et Madrid défendent notamment cette distinction entre la population russe et les décisions prises par le pouvoir. L’UE a déjà durci son dispositif depuis l’invasion de l’Ukraine. L’accord facilitant auparavant l’obtention de visas a été suspendu et les conditions d’entrée sont devenues plus strictes. Aucune interdiction générale du tourisme russe n’a cependant été décidée.

Leipzig pourrait accélérer le débat

L’équilibre pourrait évoluer. Lors d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères en Irlande, Kaja Kallas a fait état d’un soutien important à de nouvelles restrictions. Une interdiction visant les anciens combattants russes fait notamment partie des pistes discutées. L’Allemagne semble désormais favorable à un durcissement. Mais l’affaire de Leipzig souligne aussi les limites d’une politique reposant uniquement sur les passeports.

Les services russes sont soupçonnés de recourir davantage à des exécutants recrutés à distance. Ces personnes peuvent être russes, mais aussi ukrainiennes, moldaves, baltes ou même citoyennes d’un pays de l’Union. Le Danemark a récemment accusé Moscou de chercher à recruter des ressortissants danois pour mener des actions contre des entreprises du secteur de la défense.

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