Climat : les chaleurs extrêmes coûteraient 180 milliards d’euros à l’économie européenne en 2026
Les épisodes climatiques extrêmes vont bien au-delà d’un enjeu environnemental. Canicules, sécheresses et incendies pèsent désormais directement sur l’activité économique. Selon une étude de la banque néerlandaise Triodos, leurs conséquences pourraient amputer d’environ 1 % le produit intérieur brut de l’Union européenne en 2026. À l’échelle du continent, le manque à gagner atteindrait près de 180 milliards d’euros.
Des conditions de travail en dégradation
Cette facture s’explique notamment par la dégradation des conditions de travail lors des périodes de forte chaleur. Au-delà de 30 °C, les capacités physiques diminuent sensiblement, avec des conséquences particulièrement importantes pour les métiers exercés en extérieur.
Le bâtiment, l’agriculture ou encore l’entretien des infrastructures figurent parmi les secteurs les plus exposés. Les activités de bureau ne sont toutefois pas épargnées. Triodos estime que la seule baisse de productivité liée à la chaleur pourrait retrancher environ 0,6 % au PIB européen.
Agriculture, transports et énergie sous tension
Les effets se propagent également aux chaînes de production. Dans l’agriculture, la combinaison des températures élevées et du manque d’eau devrait provoquer une contraction de la production comprise entre 3 % et 7 %. Les cultures de blé, de maïs et de tournesol affichent notamment des rendements en recul.
Les infrastructures doivent, elles aussi, composer avec des conditions inhabituelles. Sur le réseau ferroviaire, la chaleur peut entraîner une déformation des rails et imposer des limitations de vitesse. Le secteur énergétique rencontre également des difficultés, certaines centrales nucléaires étant contraintes de réduire leur activité ou d’arrêter temporairement des réacteurs.
À ces pertes économiques s’ajoutent les dépenses sanitaires provoquées par les fortes températures.
Une sécheresse qui gagne une partie du continent
La situation britannique illustre l’ampleur du phénomène. En Angleterre, 71 % du territoire est désormais considéré en état de sécheresse, contre un peu plus de la moitié fin juillet. Environ 45 millions de personnes vivent dans les zones concernées.
Ailleurs, le déficit de précipitations affecte fortement les cours d’eau. La Seine, le Rhin et le Danube ont enregistré des niveaux particulièrement faibles. À Varsovie, la Vistule a même atteint un niveau historiquement bas.
L’Europe occidentale confrontée à une chaleur record
Selon le service européen Copernicus, l’Europe occidentale vient de traverser sa période juin-juillet la plus chaude depuis le début des relevés. Depuis le milieu des années 1990, la température européenne augmente d’environ 0,56 °C par décennie, soit un rythme supérieur au double de la moyenne mondiale.
Cette évolution favorise des sols plus secs et une végétation davantage inflammable, augmentant ainsi le risque de feux de grande ampleur. Le scientifique Julien Nicolas, de Copernicus, rappelle que la progression des concentrations de gaz à effet de serre, principalement liée aux activités humaines et à l’utilisation des énergies fossiles, reste le moteur essentiel du réchauffement. Sans diminution des émissions, les épisodes de chaleur devraient continuer à gagner en fréquence et en intensité.
Pour l’Union européenne, l’enjeu est à la fois économique et climatique !
